♪ De…Dit…Dont…Du…DA! ♪

Ici la reprise romancée, ‘sans référence psychanalytique’ de l’ouvrage de Sophie Peters- A voir sur cf: La Tribune-

Baie de Messine

Baie de Messine



Tout d’abord, le décor est planté:
Soient les rivages des îles de Lipari et le Stromboli tout proche et cette famille, avec à sa tête, ce père ‘manager’, libéré pour les vacances de son stress d’Entreprise, mais sans pouvoir réellement s’en détacher ….
Non il ne voulait pas aller à la plage ce matin. Il avait des tonnes de mails à traiter. Sa femme et ses enfants avaient beau lui rappeler qu’il était en vacances en Italie pour se détendre. Rien n’y faisait. Ses nuits étaient courtes. Il perdait le sommeil. La restructuration qu’il vivait le minait. Impossible de décompresser. Il prit son portable et partit se réfugier dans le seul café de l’île qui disposait d’une connexion Wi-Fi.
Elle était là de bon matin, installée sur la terrasse qui surplombait la mer. De loin, il pouvait distinguer un seul mot du titre du livre dans lequel sa voisine était plongée : « managers ».
« Je ne suis pas le seul à nourrir de telles obsessions », se dit-il. Presque rassuré, comme autorisé par cette femme, il ouvrit son Mac et les mails se mirent à entrer en rafale. Le cabinet auquel il avait demandé un audit sur la façon dont ses équipes vivaient la restructuration avait remis son rapport. Il le parcourut. « Syndrome d’épuisement professionnel », « risque psycho-social », « stress », « burn-out », les mots s’entrechoquaient sous ses yeux.
Face au soleil levant sur la Méditerranée, bleu acier à cette heure, Pascal T, 49 ans, responsable de la toute nouvelle direction Client rattachée au président du groupe, prenait la mesure de l’absurdité du monde qui faisait son quotidien depuis des mois, voire des années.
Son équipe de 50 personnes avait été décomposée puis recomposée à la faveur de la nouvelle grande idée du Comité de direction : la création d’une direction client censée couper court aux silos de cette organisation tentaculaire pour établir plus de transversalité. Las. Les équipes se dressaient les unes contre les autres. La restructuration était mal vécue.
Rompu aux ficelles des organisations matricielles, lui qui avait rêvé de co-construction et de collaboration, déchantait. Il voyait dans le refus de ses équipes de travailler ensemble à ce grand projet une mauvaise volonté, une conception du travail trop franco-française faite de lutte de territoires et de défiance envers la direction. En somme du « mauvais esprit ». C’était sa seule explication. Et pour le moins, elle le rendait insatisfait, ne réalisant pas à quel point la psychologie des êtres humains lui était étrangère.
Il se tourna vers elle, totalement absorbée dans son ouvrage. Sur la couverture à côté du mot « managers », il put distinguer écrit en lettres rouges « l’irrationalité ». Managers et irrationalité ? Deux termes qui pour Pascal T ne pouvaient se conjuguer.
N’y tenant plus, au risque de faire croire à sa jolie voisine qu’il tentait une manœuvre de séduction estivale, il s’adressa à elle :

– Pardonnez-moi d’interrompre votre lecture. Je suis moi-même manager et le titre de votre ouvrage m’a suffisamment intrigué pour m’inviter à vous demander de quoi parle au juste votre livre ?
Elle ne l’avait pas vu arriver avec son short bleu et sa mine fatiguée. Elle lui tendit le livre. Pendant qu’il découvrait le titre cette fois en entier : Combat contre l’irrationalité des managers de Manfred Kets de Vries, elle commençait déjà à en parler, trop heureuse de trouver quelqu’un avec qui partager cette lecture improbable dans la chaleur de l’été.
– C’est un essai sur le monde intérieur tourmenté des managers et leurs relations parfois déroutantes avec leur entourage. À voir votre mine, c’est effectivement un ouvrage qui devrait vous intéresser, risqua-t-elle sans détour.
Puis, en un éclair, elle fût partie. Il tenait le livre dans les mains, et l’ouvrit à la page 2 :
« Se cramponner à l’illusion de la rationalité de l’action humaine, à l’idée que l’on pourrait « gérer » les individus, c’est suivre la voie de la facilité ».
Ses vacances commençaient bien ! Scrutant la figure du Stromboli au loin.
Il se senti aussi vif et passionné que ce volcan facétieux.

……….
La suite pourrait laisser à penser à un roman à l’eau de rose …avec ses rebondissements d’adultère…..et un père ‘manager’ enfin retrouvé.>> the end.

{On appréciera ou pas la psychanalyse de Sophie Peters.}

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